Réunis en session extraordinaire à Bruxelles, les députés ont condamné les
récentes répressions au Tibet. Au centre des discussions : l'éventualité d'un boycott des jeux olympiques de Pékin. Mais pour certains députés, les jeux apparaissent comme un moyen de promouvoir
les droits de l'Homme en Chine. Une résolution sera adoptée sur le sujet le 10 avril prochain. Le Parlement a également débattu des résultats du dernier Conseil européen des 13 et 14
mars.
Evoquant les événements survenus à Lhassa, capitale du Tibet, depuis le 10 Mars dernier, le Président du Parlement Européen (PE) a dénoncé "toutes formes de violences et l'usage
disproportionné de l'armée et de la police." Au nom du PE, il a également condamné la mort d'activistes pacifiques.
Au nom des droits de l'Homme, de la dignité de chaque être humain et du droit à la diversité culturelle et religieuse, a appelé les autorités chinoises à négocier avec le Dalaï Lama, qui
"sera bienvenu au PE à tout moment", a-t-il ajouté.
Abordant la question d'un éventuel boycott des jeux olympiques, Hans-Gert Pöttering a affirmé que dialogue et coopération entre UE et Chine sont dans l'intérêt des deux partenaires. Pour
que les jeux soient un succès, a-t-il ajouté, il faut respecter l'identité culturelle et religieuse du peuple tibétain: "Je pense que tout homme politique responsable doit se poser la
question de savoir s'il peut participer à la cérémonie d'ouverture si les leaders chinois ne souhaitent pas atteindre un consensus."
"Nous voulons que les athlètes du monde puissent se rencontrer dans des compétitions équitables et libres à Pékin [...] Nous avons une responsabilité particulière à cet
égard."
Au nom du Conseil, le Secrétaire d'Etat slovène aux Affaires européennes, Janez Lenarčič, a rappelé les différentes réunions et entretiens qui ont eu lieu entre les
représentants de l'UE et les autorités chinoises depuis l'éclatement des violences au Tibet. Il a ensuite appelé les deux parties à faire preuve de retenue et à chercher à "établir
un dialogue constructif". Le Conseil a également émis le vœu que la Chine permette aux médias indépendants de regagner bientôt le Tibet.
Le Ministre a également mentionné une réunion récente des Ministres des Sports de l'UE qui se sont exprimés contre le boycott des Jeux Olympiques, estimant que les JO peuvent aider à
promouvoir les droits de l'homme.
Il a conclu en informant les députés du fait que le Ministre des Affaires étrangères slovène avait demandé à son homologue chinois d'engager un dialogue avec le Dalaï Lama et de libérer
tous les manifestants pacifiques.
La Commissaire chargée des relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, a également condamné la répression violente des protestations au Tibet, demandant "aux autorités
chinoises de faire preuve de retenue et de ne pas s'opposer de manière violente aux protestataires". Elle a salué l'organisation par la Chine, du 26 au 28 mars, d'un voyage pour les
correspondants étrangers au Tibet, et a exprimé sa volonté que les médias étrangers pourront faire leur travail sans restriction.
Selon Benita Ferrero-Waldner, une solution durable ne peut être réalisée que par un dialogue constructif et de fond. "Les jeux olympiques ne sont pas un événement politique, mais
ils devraient se tenir dans un esprit olympique, dans un environnement de paix, de liberté de parole et des médias". Pour la Commission européenne, la question la plus urgente est de
savoir comment l'UE peut coopérer pour donner un message aux manifestants tibétains et à la Chine, afin d'amener les deux parties à un dialogue réel.
Janez Lenarčič a fait allusion à la
prochaine tenue d'une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères, "qui sera l'occasion de procéder à un échange de vue sur le Tibet". Le Conseil s'efforcera de
s'exprimer d'une seule voix contre toutes violences, pour la liberté d'expression et de manifestation pacifique. "Nous tenterons d'instaurer un dialogue entre les autorités chinoises, le Dalaï Lama et ses partisans", a-t-il affirmé. Il a également souligné que les jeux olympiques en
Chine peuvent être considérés comme une possibilité pour promouvoir les droits de l'Homme dans ce pays.
Concluant le débat, Benita Ferrero-Waldner a salué l'engagement des députés qui, selon elle, ont "compris la frustration du peuple tibétain". Elle a rappelé que le rôle
des autorités chinoises comporte des responsabilités telles que mettre fin à la violence et entrer dans un dialogue de fond, constructif. Il faut réfléchir à des mesures pour que les Tibétains
puissent continuer à se sentir chez eux dans leur propre région, a-t-elle ajouté, recommandant un dialogue sur les Droits de l'Homme.
De la même manière, Hans-Gert Pöttering a conclu en souhaitant que l'engagement du Parlement Européen soit entendu.
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