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Nicolas Desfachelle
Président d'Agir pour la Citoyenneté Val de Scarpe-AGORA
Olivier Paris
Directeur de la publication d'AGORA
Nicolas KUSMIEREK
Rédacteur en chef d'AGORA et AGORA online
Ce n’est qu’en 1904 que Combes dépose un projet de loi de séparation. Le ministère Combes est renversé en janvier 1905. C’est ici qu’entre en scène Aristide Briand. C’est encore un quasi-inconnu. Né à Nantes en 1862, il est élu député en 1902. La défection d’un collègue lui permet d’être élu à la commission constituée en vue de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Le gouvernement dépose le projet de loi en février 1905. Le débat dure trois mois et demi, pendant lesquels Briand occupe seul le devant de la scène.
Il préfère restaurer la paix civile et éviter l’affrontement. Pendant tout le débat, il doit ainsi batailler sur les fronts de gauche et de droite. Maniant habilement le charme et la menace, il parvient à réunir une majorité sur son texte. Le 3 juillet, la Séparation est votée par 341 voix contre 233. Confirmée ensuite par le Sénat, la loi est promulguée le 11 décembre 1905 selon ces grands principes toujours en vigueur
Art 1 : La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public.
Art 2 : La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l'Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes.
La paix civile n’est pas immédiatement restaurée pour autant. L’année suivante, l’inventaire des biens d’Eglise sera l’occasion de nouveaux affrontements, et il faudra attendre la guerre et la fraternité des tranchées pour réconcilier croyants et incroyants.
Reste que, grâce à Briand, la société française a franchi, comme il le voulait « sans violence et sans heurts », une étape essentielle. Une grande carrière l’attend, qui se soldera hélas par un échec : après la paix religieuse, il tentera en vain de réconcilier Français et Allemands, et de restaurer la paix en Europe. Mais ceci est une autre histoire…
Olivier Paris
Comité de Rédaction d’Agora
Janvier 1905, depuis un quart de siècle, une lutte sans merci oppose la République et l’Eglise catholique. Dans les années 1880, Jules Ferry a entrepris la laïcisation de l’école publique. Le conflit s’est exacerbé avec l’arrivée au pouvoir en 1902 d’Emile Combes qui interdit la quasi-totalité des congrégations religieuses. En 1904, c’est la rupture des relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège. Et pourtant le concordat de 1801 n’est pas aboli et le catholicisme reste en principe religion d’Etat car le Concordat permet à l’Etat de maintenir un étroit contrôle sur l’Eglise, d’avoir son mot à dire sur la nomination des évêques, lesquels n’ont même pas le droit de se réunir…
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